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Le lien entre la pensée et la santé musculosquelettique

Author: CCA Staff Team Date: May 18, 2016 Back Care Tips, Blogue, Le vieillissement en santé
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iStock_000070436615_web« La peur de la douleur est plus invalidante que la douleur elle-même1 »

Instinctivement, le corps essaie d’éviter la douleur. Il a la capacité inhérente de la ressentir, de l’interpréter et de se protéger d’elle. Cette fonction est un mécanisme de protection important qui nous permet d’identifier un danger ou une blessure et de nous protéger contre la progression des dommages. Lorsque survient un stimulus douloureux, un signal est transmis à la colonne, puis au cerveau qui interprète l’information. Heureusement, le corps peut réagir rapidement et éviter des dommages accrus.

Outre la sensation physique de douleur, un autre facteur affecte grandement le corps. Notre manière de considérer ou de percevoir la douleur peut affecter le processus de guérison du corps, notamment dans le cas d’une douleur de nature musculosquelettique. En effet, nos fonctions cognitives peuvent influer positivement ou négativement sur notre rétablissement. Il semble d’ailleurs que certaines croyances et attitudes à l’égard de la douleur peuvent augmenter les risques de chronicité et d’invalidité, ainsi que le temps de guérison.

Voici quelques obstacles cognitifs potentiels à votre rétablissement :

Croyances et attitudes2,3

Lorsque l’on a mal, il est naturel d’y penser et d’adapter notre comportement en conséquence. Chez la plupart des gens, le corps identifie rapidement un stimulus douloureux et réagit de manière à éviter la progression des dommages. C’est ce qui explique que l’on retire vite la main au contact d’un objet chaud ou que l’on soulève le pied lorsque l’on se frappe l’orteil. De plus, en cas de blessure, le corps amorce automatiquement le processus de guérison des tissus.

Or, il arrive que certaines de nos croyances sur la douleur freinent le rétablissement. Par exemple, si l’on croit que la douleur est néfaste ou invalidante, on évitera de faire des activités et des mouvements (afin de se protéger) ou on protégera inutilement la région de la blessure. De même, une tendance à dramatiser ou à imaginer le pire en regard des symptômes peut les exacerber psychologiquement et physiologiquement. Le fait de croire que l’on n’a aucun contrôle sur la douleur et le processus de guérison peut aussi devenir un frein important au rétablissement et à la reprise des activités courantes.

Attentes2,3

Nous espérons tous récupérer rapidement d’une douleur musculosquelettique ou de toute autre douleur. Or, les attentes irréalistes sur le temps de guérison peuvent affecter notre bien-être psychologique et, de ce fait, la capacité de notre corps à se rétablir. En d’autres termes, le fait de sous-estimer la durée de la guérison est plus nocif que bénéfique pour le corps. Il faut donc garder à l’esprit que, selon la nature de la blessure, le temps nécessaire pour retrouver ses fonctions et soulager les symptômes peut être plus long que prévu. La patience contribue à la guérison.

Émotions2,3

Nous avons tous une réaction émotionnelle à la douleur. Les plus courantes sont la peur, la colère, la culpabilité, la frustration, voire la dépression. Par exemple, la peur que l’activité ne provoque la douleur peut retarder le rétablissement et le retour au travail. Ce faisant, on évite des mouvements qui pourraient contribuer à recouvrer notre mobilité et à reprendre nos activités. La douleur peut aussi entraîner chez certains du stress ou un sentiment de perte de contrôle.

D’ailleurs, il est intéressant de noter, même si le phénomène est encore mal compris, que la dépression (ou un état dépressif persistant) est l’un des prédicteurs les plus efficaces de la douleur chronique, le type de douleur associé aux blessures musculosquelettiques.

Il est clair que toute douleur ou blessure est une expérience éprouvante. Il existe cependant des stratégies d’adaptation qui contribuent vraiment à la guérison. Plusieurs techniques et traitements qui font appel à des facteurs émotionnels et psychologiques peuvent vous aider à atténuer la douleur, notamment la méditation, l’autosuggestion, le biofeedback et la thérapie cognitivo-comportementale.

Pour en savoir plus sur les façons de mieux traiter vos problèmes musculosquelettiques et vous assurer de bien vous rétablir, consultez votre chiropraticien ou chiropraticienne. Si vous avez l’impression que des facteurs émotionnels influent sur vos douleurs physiques ou affectent votre rétablissement, consultez un professionnel de la santé mentale.

Références

1 Waddell G, Newton M, Henderson I, Somerville, Main C. The Fear Avoidance Beliefs Questionnaire and the role of Fear Avoidance beliefs in chronic low back pain and disability. Pain. 1993;52:157–168.

2 Kendall NAS, Linton SJ, Main CJ. Guide to assessing psycho-social yellow flags in acute low back pain: risk factors for long-term disability and work loss. Accident Compensation Corporation and the New Zealand Guidelines Group. Wellington, New Zealand. 1997. October 2004 Edition.

3 Linton SJ, Shaw WS. Impact of Psychological Factors in the Experience of Pain. Physical Therapy. 2011;91(5):700–11.
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