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Pleins feux sur une de nos membres : Dre Cassandra Laleye

Author: Pierre Hamilton Date: Jul 15, 2020 Blogue

Le mardi 2 juin, des entreprises, des organisations et des personnes du monde entier ont partagé des images d’écrans noirs sur les médias sociaux, accompagnées du mot-clic #BlackoutTuesday afin de stimuler la réflexion sur le racisme et la brutalité policière. L’ACC l’a publiée sur Instagram, mais nous ne nous attendions pas à ce qui s’est passé ensuite : l’une de nos membres, une chiropraticienne noire, nous a demandé d’en faire plus.

La Dre Cassandra Laleye nous a écrit : « Il serait également utile de profiter de ce moment pour faire entendre la voix des chiropraticiens canadiens noirs. Les personnes de couleur sont sous-représentées dans votre fil d’actualités, et les personnes noires encore plus. »

Nous prenons son message à cœur, mettons son histoire en valeur, et prévoyons diffuser les témoignages d’autres chiropraticiens noirs à l’avenir.

La Dre Cassandra Laleye a grandi dans une famille nigériane traditionnelle et est fière de sa culture. Ses parents ont immigré au Canada dans les années 1980 et ont élevé quatre enfants dans l’ouest de Toronto. Elle aimait faire du sport et regarder des événements sportifs, et rêvait de travailler dans le secteur de la santé. Elle idolâtrait les thérapeutes du sport et les physiothérapeutes qui accouraient sur le terrain des Raptors de Toronto pour aider les athlètes blessés. Faire des études en médecine semblait le bon choix. « Mes parents sont nigérians et traditionnels, et donc c’était pratiquement impossible de revenir en arrière après leur avoir dit que je voulais être médecin », plaisante-t-elle.

C’est par hasard que la Dre Laleye a fini par faire une carrière en chiropratique, une profession dont elle n’avait jamais entendu parler avant sa troisième année d’études en kinésiologie. Alors qu’elle travaillait dans une clinique, la Dre Laleye a rencontré une chiropraticienne et était surprise de voir ses patients l’appeler « docteure ». Un déclic s’est produit quand elle l’a vu faire des ajustements et aider ses patients : « J’ai compris que c’est ce que je voulais faire. Nous posons des gestes, traitons des blessures et soignons des gens. »

La Dre Laleye entame sa cinquième année comme chiropraticienne et partage son temps entre le Bellwood Health Services, un centre offrant des services liés à la santé mentale et à la toxicomanie à Toronto, et The Health Institute (THI), une clinique communautaire à Scarborough, en Ontario.

« J’aime pouvoir travailler dans ces deux univers, dit-elle. Donner à ces communautés est vraiment gratifiant. »

Diversifier les soins chiropratiques

Dans le cadre de sa pratique à The Health Insitute, la Dre Laleye se consacre à la santé des femmes. Elle travaille avec de jeunes athlètes et des femmes plus âgées qui ne parviennent pas à se débarrasser d’une douleur devenue normale.

« On dit souvent que les femmes, surtout les femmes noires, sont fortes et qu’elles peuvent tout endurer, indique-t-elle. Mais on ne devrait pas. Ce n’est pas parce qu’on peut supporter la douleur, comme lors d’un accouchement, qu’on doit le faire. »

Situé dans une communauté diversifiée de la région de Scarborough à Toronto, le THI attire des patients de tous les horizons et de toutes les origines. La Dre Laleye souhaite faire découvrir les soins chiropratiques aux personnes qui ne connaissent peut-être pas l’existence de cette pratique. Selon elle, le fait que des enfants d’immigrants de première génération amènent leurs parents à la clinique est un premier pas dans la bonne direction.

Même son père ne comprenait pas en quoi consistait la chiropratique avant sa deuxième année d’études au CMCC, moment où il a reçu des soins chiropratiques après s’être blessé à l’épaule. Elle témoigne : « Il était ravi et impatient que je revienne de l’école ce jour-là pour m’en parler. Faire découvrir la chiropratique à d’autres groupes est important pour moi, et Scarborough est un bon endroit pour le faire. »

La Dre Laleye aime son métier, mais son parcours n’a pas été facile. Elle a dû faire face à des obstacles et relever des défis tant à l’école que dans le cadre de sa pratique.

 « À ma première journée d’accueil au CMCC, raconte-t-elle, j’ai ouvert la porte et personne ne me ressemblait. Personne dans l’immeuble ne me ressemblait. Je crois que c’est important de le dire, parce que les personnes différentes attirent automatiquement l’attention. »

Pour en savoir plus sur l’expérience de Cassandra, consultez le numéro de l’automne de BACK Matters, qui paraîtra en octobre 2020.

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